À Liverpool, la tombe d’un cheval de guerre reconnue par le patrimoine national

Le 8 novembre dernier, était lancée la campagne en hommage aux huit millions de chevaux tués pendant la Première guerre mondiale, soutenue notamment par la championne de dressage Charlotte Dujardin. C’est aujourd’hui au tour de la tombe d’un cheval, « héros de guerre », survivant de quelques-unes des plus grandes batailles de la guerre de 1914-1918, d’obtenir une protection officielle. 

La stèle commémorative de « Blackie, le cheval de guerre » s’est vue accorder la protection du patrimoine par la Commission des bâtiments et monuments historiques d’Angleterre. C’est une première ! Jamais auparavant la tombe d’un cheval de guerre n’avait obtenu cette distinction. Elle a été reconnue grâce à un membre du public, qui, inquiet que la tombe ne soit détruite au profit d’un projet de construction d’immeubles d’affaires, a contacté la Commission. « Nous lui avons conseillé de demander l’inscription et nous sommes vraiment très heureux que cela ait fonctionné », a affirmé un communicant de la Commission des bâtiments et monuments historiques d’Angleterre. On peut la retrouver au Centre de secours animalier de Liverpool à Halewood.

L’histoire d’un cheval de guerre

Blackie a servi dans les batailles d’Arras, de la Somme, d’Ypres, et de Cambrai avant de rentrer en Angleterre, où il a vécu jusqu’à ses trente ans. Les détails de sa vie avant le début de la guerre ne sont pas connus, mais il est supposé qu’il soit né en 1905. Il a fait partie de la batterie de la 275e brigade d’artillerie de campagne royale A (55e division Ouest du Lancashire), aux côtés de son propriétaire, le poète de guerre Leonard Comer Wall.

« S’il ne survivait pas à la guerre, le lieutenant Comer Wall avait émis la volonté que son fidèle cheval Blackie soit enterré avec ses médailles ou décorations », a ajouté le communicant de la Commission. Le lieutenant, âgé de vingt ans, fut tué au combat à Ypres alors qu’il chevauchait Blackie, le 9 juin 1917. Blackie sortira de la bataille gravement blessé par des éclats d’obus, mais continuera son service sur le front Ouest jusqu’à la fin de la guerre.

Une figure nationale 

« Après la guerre, la mère du lieutenant Comer Wall a racheté Blackie à l’armée et l’a prêté à l’Ecole d’équitation territoriale de Liverpool », continue le communicant. Apparemment, Blackie avait, entre autres, l’habitude de parader en tête du défilé du premier mai, au côté d’un autre ex-cheval de guerre connu sous le nom de Billy. Il était alors orné des médailles de son défunt maître. En 1930, il fut mis à la retraite et rejoignit « la maison de repos » pour chevaux d’Halewood au nord-est de Liverpool, où il restera jusqu’à sa mort, en décembre 1942, à l’âge de trente-sept ans. À l’époque, la mort de Blackie avait fait l’objet d’une couverture médiatique à travers toute l’Angleterre – depuis le journal quotidien de Liverpool (Liverpool Daily Post) jusqu’au Gloucester Citizen, en passant par les actualités du soir de Portsmouth, et le Dundee Evening Telegraph.

Les dernières volontés du lieutenant Comer Wall ont été honorées et Blackie fut enterré avec ses médailles de guerre, dans le coin nord-ouest du champ près de Higher Road, à Liverpool.

Anaïs Durr / ©Historic England Archives

 

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