« La Modernité au service de l’ambition », Élevage Dorcamp

D’Orcamp ou Dorcamp, l’orthographe évolue, mais la base reste la même. Partagée entre Orchamps-Vennes, dans le Doubs et Les Chères, au nord de Lyon, Morgane Rostaing prend petit à petit ses marques et se dessine une image d’éleveuse de poneys de sport de haut niveau, en partie grâce à deux étalons connus : All Star de Bélébat*Dorcamp et Ugo des Clas*Dorcamp

Grâce à sa trentaine de poneys choisis pour le sport, Morgane Rostaing développe un élevage moderne. Loin des techniques d’élevage à l’ancienne, la jeune femme de vingt-six ans a fait le choix de maîtiser son entreprise au millimètre en donnant une grande importance à la souche maternelle. Un discours rodé et calculé malgré son jeune âge, la Lyonnaise a déjà adopté tous les codes pour entreprendre un élevage empreint de modernité : logo uniformisé sur tous les supports, slogan en anglais, vidéos et photos léchées, textes soignés, réseaux sociaux, référencement… « C’est très important pour la génération d’aujourd’hui », explique Morgane Rostaing. « Concernant nos photos et nos vidéos, tout est très contrôlé, je ne laisse jamais une photo paraître sur mon Facebook sans l’avoir validée. Il faut que le poney ait une belle position, soit mis en valeur… C’est aussi ça le jeu, il faut se démarquer dans la communication et je préfère de loin la qualité́ à la quantité », souligne-t-elle.

UNE IDENTITÉ QUI REFLÈTE UN PARCOURS PARTICULIER

Diplômée de l’EDHEC Business School et d’un double diplôme en Droit des affaires et fiscalité, Morgane Rostaing a réalisé de nombreux stages, « j’ai commencé par l’organisation d’un CSI2* à Lille. Ensuite, j’ai continué à chercher ma voie en vendant des logiciels de gestion pendant un an et demi. Ça ne m’a pas plu alors j’ai repris un master en diagnostic et audit des organisations ». C’est lors d’un énième stage en mars 2017 que la jeune femme prend la décision de tout arrêter et de retourner à ses sources : les chevaux. Elle se lance officiellement dans l’élevage en avril 2017. « Toutes ces expériences m’ont appris à vendre un produit, à faire les choses bien, de manière rigoureuse », décrypte-elle. Aujourd’hui, elle organise ses journées entre l’administratif, qu’elle réalise chez elle à Lyon, et l’entraînement de ses poneys de sport, installés pour le moment aux écuries Romain Lavigne aux Chères, près de Lyon. « Le reste de mes poneys d’élevage est au pré dans le Doubs chez ma mère qui est vétérinaire-ostéopathe, c’est elle qui s’en occupe. La dernière partie se trouve dans des champs en Ile-de-France », explique l’éleveuse.

Dès son plus jeune âge, Morgane est bercée par les chevaux, les époux Rostaing offrant une enfance au cœur de la campagne du Doubs à leurs trois enfants. Une petite carrière fabriquée dans le fond du jardin, des boxes entourant les lieux de vie, Morgane se retrouve tôt à dos de cheval. Valérie, sa maman passionnée, se fait plaisir en investissant dans des juments ayant de beaux modèles. Fable de Frenelot, Isba du Brizot… Morgane valorise toutes ces ponettes en concours, mais petit à petit, les études deviennent prenantes pour la cavalière. « Je voyais qu’elles devenaient obèses au pré alors j’ai commencé à les faire reproduire. C’est comme cela que la fibre de l’élevage s’est installée… », se souvient Valérie Rostaing. Bien que les premiers poulains étaient plutôt pour se faire plaisir, l’envie de faire reproduire leurs juments avec de bons étalons se fait vite sentir. « La concrétisation de nos choix d’élevage se verront sur nos poulains de l’année 2015 et 2016 », certifie Morgane. Pour le moment, la jeune entrepreneuse et sa cavalière Ambre Imerzoukene continuent de valoriser les poneys de sport. Le débourrage des jeunes se fait, quant à lui, à proximité de l’élevage dans le Doubs chez Alexandrine Dalmais au haras du Chapelan. « Nous les débourrons à l’âge de trois ans, suite à ça, ils repartent au pré pour terminer leur croissance et sont repris à la fin de l’année des quatre ans et sortis sérieusement en concours à partir de cinq ans », développe la jeune femme qui n’attache pas d’importance aux concours de modèles et allures.

UNE STRATÉGIE DU LUXE

« Nous voulons faire naitre le poney que nous aimerions acheter », affirment Morgane et sa maman Valérie avant de poursuivre : « Ce n’est pas la peine d’avoir que des poneys de Grand Prix, il faut des poneys bien dans leur tête, qui font leur travail à l’obstacle et qui doivent être sûrs pour des enfants. Ils doivent être montés en balades par les frères et sœurs du cavalier et à la fois pouvoir évoluer en As 1″. Dans le modèle, Morgane Rostaing et sa maman cherchent à avoir des poneys entre 1,46 m et 1,49 m » qui doivent avoir de la gueule, du chic, de l’harmonie, un équilibre naturel, de l’allure et ce peu importe leurs stud-books. S’ils n’entrent pas dans ce moule, on préfère les donner.  » Voilà pourquoi, la stratégie de l’élevage Dorcamp s’assimile à une stratégie du luxe, je m’inspire de l’écurie Stephex dans son fonctionnement, son image, ce sont des gens des affaires qui travaillent avec le cheval sans qu’il ne soit un produit comme les autres. J’essaie de reproduire la même chose avec les poneys de sport ». Et dans cet objectif, la jeune femme ambitionne de se tourner vers l’international, « nous travaillons déjà avec la Suisse, je souhaite me rapprocher de l’Allemagne et à terme du Moyen-Orient et de la Chine », liste l’ambitieuse éleveuse.

UN SYSTÈME EN PLEIN RODAGE

« J’ai conscience que l’élevage nous coûte cher. C’est pourquoi, nous ne devons pas garder nos produits trop longtemps. Malgré tout, pour rester proches de nos valeurs, nous devons former les poneys jusqu’à six ou huit ans ». Alors pour pour contrecarrer le problème, Morgane a décidé de faire du commerce de poneys non-issus de l’élevage. »Je souhaite acheter les poneys autour de 2500 euros, les valoriser et les revendre très vite en multipliant le prix ». En plus de la vente des poneys de sport, Morgane base son image sur deux étalons: Ugo des Clas*Dorcamp, reconnaissable par ses beaux yeux châtaignes et son modèle très chic et All Star de Bélébat*Dorcamp qu’elle monte dans des épreuves Amateur à 1,25m. « Depuis cette année, nous proposons leurs saillies en congelé. Cela nous permet de poursuivre la carrière sportive de nos étalons. C’est très important pour l’image de l’élevage ».

Le ravageur Ugo des Clas*Dorcamp :

Amandine Pohardy

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