Des jeunes français passionnés d’élevage s’envolent pour les championnats du monde

C’est au cœur du Haras de la Cense que les Young Breeders se sont réunis pour une dernière répétition générale en vue des championnats du monde au Canada. Quatre Juniors et quatre Seniors âgés de seize à vingt-cinq ans, tous passionnés d’élevage ont pu s’entraîner à présenter, juger et pratiquer, sous l’œil avisé des encadrants de l’Association nationale du Selle Français. Atout Cheval a passé une journée à leurs côtés avant le grand départ.

Les Young Breeders, qu’est-ce-que-c’est ?

Impulsé par l’Allemagne il y a une soixantaine d’année, le concept des Young Breeders tend à transmettre la passion de l’élevage et des stud-books à la jeune génération. Sous l’égide de la Fédération mondiale des races de chevaux de sport (WBFSH), la formation des Young Breeders s’est petit à petit étendue à de nombreux pays dans le monde. En France, le stud-book Selle Français a saisit cette occasion pour transmettre leur passion de l’élevage au travers d’écoles spécialisées dans les métiers du cheval. « Cette formation est une forme d’ouverture vers un nouveau métier », explique le champion du monde 2009 des Young Breeders en individuel, André Audinot. « C’est une formation tournée vers l’avenir », ajoute François Fischesser, juge national au Selle Français, « beaucoup de cavaliers sont des prodiges à cheval mais ne savent pas forcément présenter un cheval ou bien ne sont pas intéressés par les modèles et allures. Les techniques en selle s’homogénéisent mais pas celles de l’élevage. Les Young Breeders tendent justement à donner des valeurs et une rigueur à ces jeunes passionnés à travers le monde ». Un point pourtant cher au stud-book Selle Français qui se sent encore en retard vis-à-vis des stud-books allemands. « En Allemagne, la présentation des chevaux est vraiment mise en valeur, les ventes sont des lieux de rencontres empreints d’une ambiance festive et joviale, il y a une vraie effervescence. En France, l’élevage n’a pas autant d’engouement et c’est bien dommage. Voilà pourquoi il nous semble important de sensibiliser la jeune génération à la valorisation de notre race de sport nationale ».

Comment intégrer les Young Breeders ?

Tout au long de l’année, Caroline Legrand, en charge de l’organisation et de la formation a mis en place des journées de sensibilisation à la formation (formation entièrement prise en charge par le l’association du Selle Français) dans près de vingt-cinq écoles. « Nous proposons aux jeunes de s’inscrire et de nous montrer leur motivation. Suite à cela, des étapes de sélections nationales ont lieu pour n’en retenir que huit : quatre Juniors de seize ans à dix-neuf ans et quatre Seniors de dix-neuf à vingt-cinq ans. Ces derniers participent à des formations plus poussées pour, à terme, aller affronter les autres nations lors d’un championnat du monde » explique-t-elle. « Ils doivent avoir l’envie, montrer une réelle motivation, tout en ayant un vrai esprit d’équipe et de solidarité puisque le championnat se déroule en équipes. Mais nous leur demandons également des esprits de guerriers, car sur place, il n’y a pas de pitié, chacun défend son savoir-faire », détaille François Fischesser.

Comment sont-ils jugés ?

Les championnats du monde des Young Breeders se découpe en plusieurs étapes :

1 – Un QCM de culture générale en anglais, composé de vingt questions.

2 – Une épreuve de toilettage.

3 – Une épreuve de saut en liberté pendant laquelle les jeunes juges sont évalués sur leur capacité à noter les chevaux.

4 – Une épreuve de présentation des chevaux en main sur un triangle.

 

A savoir : durant les championnats du monde, les chevaux du pays d’accueil sont mis à disposition pour l’occasion et tirés au sort avant chaque épreuve. Il est donc indispensable pour ces jeunes d’avoir un feeling avec les chevaux et de capter le sens du jugement du jury présent sur place.

 

L’intérêt d’être un Young Breeder ?

« Être Young Breeders représente un gage de qualité. A terme, nous souhaitons qu’il apparaisse comme un label. En tout cas, pour le moment, c’est un vrai plus sur le Curriculum Vitae d’un jeune. Sur la longue durée, ces jeunes pourront travailler dans des structures équestres à l’étranger, ils se créent un carnet d’adresse. Nous leur apprenons à être des hommes de chevaux, d’avoir de la rigueur », expliquent André Audinot et Clément Emmenot.

 

Portrait des Young Breeders catégorie Senior

 

Elisa Pautex, 22 ans

Cursus : Après un BEP agricole en tant que soigneur aide animateur, j’ai poursuivi sur un Bac Professionnel en conduite et gestion de l’entreprise hippique.

Pourquoi les Young Breeders ? J’ai découvert les Young Breeders durant mes études. Je participais à des concours d’élevage en partenariat avec l’association du Selle Français. En 2014, j’ai été qualifié à Saint-Lô pour les championnats de France des Young Breeders, l’année d’après, j’ai participé aux championnats du monde en Angleterre. Cette année, j’intègre une classe préparatoire d’ingénierie mais j’ai réitéré mon expérience avec les Young Breeders puisque cela m’apporte de vraies connaissances dans l’élevage et une ouverture vers l’étranger. A terme, je souhaiterai m’installer à mon compte et créer mon élevage.

 

Hélène Palier, 25 ans

 

Cursus : J’ai réalisé un Bac Economique et social au sein du lycée de sport études à Conches en Ouche. Après cela, j’ai débuté une Fac de Psycho pour devenir éducatrice spécialisée mais la passion du cheval m’a rattrapé. J’ai tout plaqué pour devenir cavalière maison chez un professionnel.

Pourquoi les Young Breeders ? Cette année, c’est la première fois que je participe aux Young Breeders, j’ai vingt-cinq ans et c’est donc mon unique chance d’accéder à une telle formation. Je souhaite m’en servir pour faire du commerce chevaux. Sans pour autant m’installer à mon compte, je souhaite acquérir ce genre de connaissances puisque l’année prochaine, je serai de nouveau cavalière maison et ce sera un vrai plus.

 

Baptiste Lemerle, 21 ans

 

Cursus : Après un BEP soigneur aide animateur, j’ai poursuivi mes études vers un Bac Professionnel en conduite et gestion des entreprises hippique. Suite à quoi j’ai continué mes études vers un BTS ACSE. J’ai réalisé de nombreux stages dans l’élevage et c’est lors de concours d’élevages que j’ai appris à connaître la formation Young Breeders.

Pourquoi les Young Breeders ? Je suis passionné par l’élevage. J’aimerais devenir agent d’élevage ou préparateur de jeunes chevaux. Les Young Breeders me permettent d’obtenir de la rigueur, de la technique et agiront comme une carte de visite.

 

Julien Schalk, 20 ans

Cursus : Suite à un Baccalauréat Scientifique, j’ai continué mes études vers un BTS ACSE puis vers une licence professionnelle conseillé souscripteur gestionnaire en assurance. Je suis fils d’éleveurs et j’ai toujours aimé l’élevage mais mes études me permettent de ne pas tout miser sur le cheval.

Pourquoi les Young Breeders ? J’ai rencontré François Fischesser part le biais de l’élevage de mes parents. Je présentais des chevaux de l’élevage. J’ai intégré les Young Breeders dès l’âge de seize ans et depuis je participe au maximum à cette formation. Je suis actuellement juge stagiaire en parallèle de mon travail dans les assurances. Dans les chevaux, il faut être excellent si l’on espère réussir alors cette formation me pousse à l’être, à être reconnu dans ma région et à étoffer mon carnet d’adresses.

 

Résultat des championnats du monde le 21 juillet !

 

1 comentaire

  1. Maintenant nous attendons les résultats avec impatience, un tel événement ne peut qu’encourager des jeunes .Le stud book du sellle Français est méritant et j’espère que tout le travail effectué en amont va porter ses fruits!
    Le lycée agricole de la Baie du Mont St Michel est très fier d »avoir 4 élèves qui représentent la France.
    Les 4 élèves sont des passionnées, courageuses et elles vont le prouver!
    Il faut continuer à monter de tels projets , les jeunes vont vivre une très grande aventure qu’ils ne sont pas prêt d’oublier.Se confronter à d’autres nations est tout simplement formidable!
    Encore une fois un grand merci à toute l’équipe du Stud-book et tout particulièrement à Caroline Le Grand.
    Les jeunes sont l’avenir de la filière équine!

    Franck Abraham (enseignant pratique équitation au lycée agricole de St hilaire du Harcouët

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