Victor Levecque, l’espoir du concours complet français

Entre deux concours, Grand Prix Classic et la Pro 1 du Lion d’Angers, Victor Levecque a accepté de se livrer à Atout Cheval. Tout juste âgé de dix-sept ans, ce jeune prodige du concours complet français a déjà un beau palmarès. Il comptabilise un double titre de champion d’Europe à poney, en équipe et en individuel, ainsi que deux médailles d’argent aux derniers championnats d’Europe, à cheval cette fois-ci. Rencontre avec une graine de champion.

ATOUT CHEVAL : Comment avez-vous commencé l’équitation?
VICTOR LEVECQUE : J’ai commencé à trois ans, dans le poney club de Rambouillet, près de chez moi. J’étais tout petit, je m’en souviens à peine, mais j’ai tout de suite arrêté car j’avais peur. J’ai repris à l’UCPA de Saint-Léger, et rebelote, j’avais peur. Je me souviens, le dimanche après-midi, j’avais toujours la boule au ventre. Je me roulais par terre dans le manège pour ne pas monter à poney ! Mon père, passionné d’équitation, m’a forcé à terminer l’année.

A. C. : D’où vous est venue l’idée de faire du concours complet ?
V. L. : J’ai repris confiance, et dès six ans, j’ai commencé la compétition. À ce moment-là, une écurie à Montfort l’Amaury a ouvert, les gérants avaient alors un projet de monter une équipe de concours complet pour des cavaliers montant à Shetland. Il manquait un cavalier, j’ai donc intégré l’équipe. Mon premier poney s’appelait Percy, un gros poney noir qui n’avançait pas ! Dans l’écurie, il y avait des cavaliers qui faisaient des Grand Prix à poney, c’est très vite devenu un rêve pour moi. Avec mon père, on a cherché un poney pas connu du circuit, qui bougeait bien sur le plat. Ce poney c’est Qualitat (des Bourdons, son compagnon de Grand Prix poney ndlr), on l’a acheté à cinq ans. C’est à ce moment-là que j’ai connu Alexis Bonnard, qui m’encadre toujours aujourd’hui. Mon père a alors décidé de créer Equipol (une écurie professionnelle, située aux haras de Bory, dans les Yvelines, ndlr), et lui a proposé de monter Qualitat. Nous avons alors quitté Montfort l’Amaury pour le haras de Bory. Mon père n’était pas du tout orienté concours complet, il montait en saut d’obstacles étant jeune.

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A. C. : Vous évoluez maintenant en équipe de France dans la catégorie Junior avec votre cheval de tête, Phunambule des Auges, et RNH Mc Ustinov, propriétés de l’écurie Equipol. Quel est l’état d’esprit avec votre groupe ?
V. L. : Il y a un super esprit entre les cavaliers Juniors ! Nous sommes des mini-professionnels, on se respecte beaucoup. Lors des stages fédéraux, nous sommes encadrés par Florence Lenzini en dressage, cela nous permet d’être tous ensemble. Pascal Forabosco s’occupe de la partie obstacles et cross. Je suis très fier de représenter la France, avoir le coq et la toque bleue est super. Il ne faut cependant pas se mettre une trop grosse pression pour rester concentré et atteindre les objectifs fixés !

A. C. : Quelle relation avez-vous avec vos chevaux ?
V. L. : Je ne sais pas si c’est une qualité ou un défaut, j’ai besoin d’être complice avec ma monture. Peut-être que cela viendra avec l’expérience, mais je n’arrive pas trop à monter un cheval au pied levé ! J’ai besoin de le connaître par cœur, je suis un perfectionniste.

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A. C. : Le CREIF (Comité régional d’équitation d’Île-de-France, ndlr) vous a choisi comme ambassadeur de concours complet pour la candidature de Paris lors des Jeux olympiques 2024. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
V. L. : C’est une grande fierté pour moi, le but est d’être performant, et de montrer les valeurs de la France pour honorer cette nomination. Mon rôle est de gagner le plus possible, et d’avoir l’écusson pour mettre en avant ce mouvement du CREIF qui soutient la candidature de la capitale.

A. C. : En parlant de futur, quels sont vos rêves ?
V. L. : Mon rêve absolu, ce sont les Jeux olympiques ! Dans un futur plus proche, j’aimerais réussir à intégrer une bonne école, en continuant mon sport à haut niveau. Il y a deux grandes écoles, Sciences Po et Dauphine, qui proposent un cursus appelé « parcours talent », s’adressant aux sportifs de haut niveau ou aux musiciens. J’aimerais atteindre les championnats du monde des moins de vingt-cinq ans. C’est mon objectif pour l’année prochaine. Pour la partie équitation, mon père est à 100% avec moi, et ma mère m’équilibre et m’aide concernant l’école. Je suis conscient que j’ai beaucoup de chance. Sans mes parents, tout cela serait impossible !

Par Anoush Morel – photo : collection privée.

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