On ne dort pas beaucoup lorsque l’on est entrepreneur…

« On ne dort pas beaucoup lorsque l’on est entrepreneur mais le jeu en vaut la chandelle », Camille Rabier

À vingt-six ans, Camille Rabier s’est lancée le pari de vivre de sa passion pour les chevaux en créant sa propre application, Galopeo. Après plusieurs années de réflexion, c’est finalement le prix du concours Engrainages qui lui a mis le pied à l’étrier et a rendu son projet crédible aux yeux de tous. Pleine d’entrain et de motivation, la jeune entrepreneuse voit loin.

ATOUT CHEVAL ! : À l’heure où nous vous interviewons, votre application Galopeo est en plein lancement. Elle est actuellement en cours de validation par l’App Store. Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs de quoi s’agit-il ?

CAMILLE RABIER : Galopeo est une application pour Smartphone qui permet de gérer son cheval dans tout son ensemble qu’il s’agisse des soins et des visites vétérinaires grâce au carnet de santé digitalisé que des autres rendez-vous des prestataires, le tout compilé dans un planning. Dans cette même application est aussi renseigné tout le travail du cheval. Il s’agit d’un véritable journal de bord retraçant ce qu’il s’est passé dans la vie de ce-dernier afin d’anticiper les jours à venir. Cette application mobile permet avant tout de gérer le cheval à plusieurs – par exemple, lorsque l’on a des demi-pensionnaires – de se synchroniser pour ne pas faire la même chose, d’éviter l’effet de surprise et d’être mobile. Chacun peut donner ses consignes et ainsi organiser le programme du cheval où qu’il soit.

AC ! : Comment est née cette idée ?

C.R. : De mon expérience personnelle. En 2000, je suis tombée amoureuse d’un Trotteur français qui s’appelle Champion et je faisais déjà la même chose qu’actuellement en tant que propriétaire. J’avais un carnet où je notais tout ce que je faisais le samedi après-midi avec lui, les produits que je dépensais pour lui… Ce n’était pas mon cheval mais je m’en occupais tout comme. Et puis cinq ans après je l’ai finalement racheté et c’est là que j’ai vraiment eu besoin de quelque chose de beaucoup plus fiable. J’ai été amenée à avoir des demi-pensionnaires et nous notions les activités du cheval sur un carnet papier. Nous mettions en avant nos observations. Mon cheval était atteint d’arthrose et par conséquence j’appréciais avoir un compte-rendu sur l’avancée de ses problèmes. Nous étions deux voire trois à nous en occuper et la gestion était conséquente avec les factures d’un côté, les classeurs de pension de l’autre, à savoir qui avait payé quoi et quand. J’ai voulu créer un outil qui puisse me simplifier la vie au quotidien et celle des autres. Finalement, je me rends compte que j’ai eu cette idée bien avant que je sois propriétaire. Il s’agit d’un véritable projet de cœur. Actuellement en MBA entreprenariat, mes cours me permettent de mieux encadrer mon projet.

AC ! : L’histoire semble bien commencer puisque vous avez remporté le prix du concours Engrainages, destiné aux startups, l’année dernière. Racontez-nous.

C.R. : Engrainages n’est pas un concours comme les autres puisqu’il dure trois mois à la « The Voice » (émission de télé-crochet musical, ndlr). Le premier soir, j’ai dû expliquer mon projet en une minute. Quatre coaches également membres du jury sont présents pour vous juger et choisir si vous défendrez les couleurs de leur équipe. Au fur-et-à-mesure des semaines qui s’écoulent, des candidats sont éliminés. Pour ma part, j’ai été sélectionnée par un business angel qui est dédié au projet éco et qui a eu un coup de cœur pour le mien bien qu’il s’agisse d’une thématique équine. Après trois mois passés avec lui à « pitcher » mon projet, j’ai terminé parmi les dix finalistes sur trente projets présentés. Et j’ai remporté le grand prix du jury. J’ai dû expliquer les fondements de Galopeo et parler de mon histoire. Je pense avoir remporté le prix parce que le potentiel de marché est énorme et qu’il y a encore de nombreuses choses à faire dans le milieu de l’équitation ; mais aussi parce qu’il y avait une cohérence entre mon projet et mon vécu.

AC ! : Le lancement de cette application vous amène forcément à avoir des objectifs. Quels sont-ils ?

C.R. : J’aimerais dans les mois ou années à venir avoir une vision grand angle – l’application est aujourd’hui restreinte aux propriétaires – j’ai le sentiment qu’il manque quelque chose sur le marché, une application destinée aux cavaliers et permettant de gérer son cheval préféré en partageant ses photos et en y ajoutant ses annotations… tout cela depuis le centre équestre ou à distance : rester connecté avec son cheval et savoir ce qu’il fait à l’instant T. Je pense que Galopeo pourrait être le bon support mais je suis encore en phase d’expérimentation. Je collabore actuellement avec le Haras de Jardy pour que l’on puisse travailler ensemble dès 2016 au test de l’application avec leurs propriétaires et ensuite avec tous leurs cavaliers.

AC ! : Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

C.R. : Beaucoup de réussite. Je souhaiterais déjà savoir où je vais aller avec ce carnet Galopeo et pour cela, j’ai ma propre méthode. Je suis très proche de mes propres utilisateurs sur Facebook. À chaque fois que j’ai une idée, je leur soumets un prototype et j’attends de voir quels sont leurs réactions, leurs retours. J’aime bien être proche de ces personnes parce qu’elles me connaissent finalement, elle connaisse mon prénom. J’ai découvert le community management grâce à cela avec la vente. On ne dort pas beaucoup lorsque l’on est entrepreneur mais le jeu en vaut la chandelle. La société tend à se développer très prochainement, d’ici la fin de l’année. Il y a encore beaucoup de choses à faire mais le tout est de définir ses priorités pour rendre le projet viable.

Par Vanessa Robbé – Photo : Camille Rabier

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